Exercices de padel pour 3, 4 et 5 élèves

Le terrain a quatre positions. Quand le groupe n'est pas quatre, la moitié des exercices cesse de fonctionner et presque personne ne le dit à voix haute.

5 min de lecture Karén Mkhitaryan

Les exercices qui circulent sont écrits pour quatre. C’est logique : le terrain a quatre positions et le padel se joue à deux contre deux. Mais les groupes réels ne viennent pas par quatre. Ils viennent par trois, par cinq, et un jour par six parce que le frère de quelqu’un s’est inscrit.

Et le nombre n’est pas juste une question de logistique. Il change quels exercices sont possibles, pas seulement comment vous les organisez.

Quand j’ai classé le catalogue du générateur par nombre de joueurs, voici ce qui est sorti :

Élèves sur le terrain Exercices qui fonctionnent
2 1 040
3 1 090
4 1 019
5 150
6 152

Sur 1 233 exercices, 1 090 conviennent pour un groupe de trois et seulement 150 pour un groupe de cinq. Le saut ne se trouve pas où les gens l’attendent. Le groupe de trois a la réputation d’être compliqué et c’est en réalité le plus flexible ; celui de cinq est celui qui manque de matériel.

Le groupe de 3 : la quatrième position vide

Avec trois élèves, il y a une position du terrain que personne n’occupe. Vous avez trois solutions, et il convient de savoir laquelle vous utilisez.

Que vous occupiez vous-même le trou. C’est le plus courant, et c’est ce que font 252 exercices du catalogue, ceux marqués comme nécessitant un lanceur : l’entraîneur donne des balles depuis la position manquante. Ça fonctionne bien et ça a un coût qu’on oublie : pendant que vous donnez des balles, vous ne regardez pas. Vous corrigez ce que vous entendez, pas ce que vous voyez.

Que le trou soit occupé par un élève avec une autre tâche. Le troisième ne joue pas le point : il compte, annonce la direction, décide qui attaque. Ça ressemble à un lot de consolation et c’est en fait l’une des choses les plus utiles qui soient, car lire le point depuis l’extérieur est exactement ce qu’on n’entraîne jamais.

Qu’il n’y ait pas de trou. Il existe des exercices à trois positions réelles — un au fond, deux au filet ; ou le triangle de défense — où le quatrième est vraiment de trop. Ce sont ceux qui fonctionnent le mieux à trois, et il y en a pas mal.

Avec trois élèves, en plus, la rotation est courte : chacun passe par toutes les positions en trois tours. Avec quatre, ça prend deux fois plus de temps.

Le groupe de 4 : le cas confortable, avec un piège

Quatre élèves, c’est pour ça que presque tout est écrit. Le piège est ailleurs : avec quatre, il est très facile de monter le cours comme un match avec corrections. Tout le monde est occupé, la balle vole, l’heure passe — et personne n’a répété un coup assez de fois pour changer quoi que ce soit.

Si le groupe est de quatre, le risque n’est pas que quelqu’un s’ennuie. C’est que la séance n’ait pas de vrais blocs, avec sa progression et son application, et devienne simplement jouer accompagné.

Le groupe de 5 et de 6 : quelqu’un reste immobile

C’est ici que se trouve le vrai problème, et c’est pourquoi le catalogue se réduit à 150 exercices. À cinq, il y en a toujours un qui est dehors. La question n’est pas si ça va arriver, mais ce qu’il fait pendant ce temps.

Ce qui fonctionne :

  • Rotation par points, pas par temps. Celui qui perd le point sort et celui qui attend entre. Personne ne regarde l’horloge et celui qui est dehors a hâte de revenir.
  • Celui qui est dehors a une tâche. Il compte les réussites de l’exercice, annonce si la balle est entrée ou non, ou se place derrière la vitre pour dire où était le trou. C’est une demi-minute d’observation dirigée, et il revient sur le terrain en sachant quelque chose.
  • Deux stations. Trois sur le terrain avec un exercice et deux dans la zone du grillage ou contre le mur avec un autre, puis on change. Ça demande de préparer deux choses au lieu d’une, mais c’est la seule chose qui garde cinq personnes vraiment au travail.

Ce qui ne fonctionne pas : laisser celui qui est dehors « se reposer ». Il revient froid, et dans un cours de soixante minutes, il n’a joué que quarante minutes.

Et en plus, personne n’a le même niveau

Le nombre d’élèves et leur niveau sont deux problèmes différents qui arrivent ensemble. Un groupe de trois où l’un joue depuis deux ans et les deux autres depuis deux mois ne se résout pas avec la rotation : ça se résout en donnant la même tâche avec une exigence différente, qui est le mécanisme que j’explique dans un groupe, cinq niveaux.

Dans le catalogue, il y a 303 exercices qui portent leur ajustement écrit pour groupe à niveaux inégaux. L’un d’eux, par exemple, dit que le joueur le plus avancé distribue les directions pendant que les deux autres maintiennent des trajectoires fixes : même exercice, même terrain, et chacun travaille ce qui lui convient.

Comment Tomiqo l’utilise

Dans le générateur, le nombre d’élèves n’est pas un champ décoratif : il filtre le catalogue avant de monter quoi que ce soit. Si vous mettez cinq, il ne va pas vous proposer un exercice à quatre coins et vous laisser vous débrouiller — il vous propose ceux qui tiennent à cinq, et dans la répartition des blocs il laisse le trou de la rotation.

Et si le groupe est de trois avec un lanceur, il vous prévient que pendant ce temps vous ne serez pas en train de regarder.

Essayez-le avec votre prochain groupe : mettez le nombre réel d’élèves que vous allez avoir, pas quatre.